Test Onimusha Way of the Sword : Le retour du mythe de Capcom
En 2019, relancer Onimusha: Warlords dans son remaster PS4 ravivait un doux sentiment nostalgique, doublé d’une certitude évidente : cette franchise culte méritait plus qu’un simple dépoussiérage rétro. Son univers féodal sombre et ses affrontements tranchants appelaient une réinvention moderne. Capcom exauce enfin ce vœu avec Onimusha: Way of the Sword, une réinterprétation ambitieuse mêlant action exigeante et mythologie japonaise. Si la lame est toujours aussi aiguisée, l’aventure ne s’épargne hélas pas quelques coups d’épée dans l’eau.
Gameplay : La précision du sabre plutôt que la frénésie
Oubliez le beat them all décérébré où l’on martèle frénétiquement les touches. Onimusha: Way of the Sword impose une cadence beaucoup plus mesurée et gratifiante.
Chaque duel demande d’observer attentivement la posture adverse. Selon le type d’ennemi en face de vous, il faut adapter son rythme : attaquer de front, temporiser derrière sa garde, ou déclencher une parade parfaite pour placer une riposte fatale. La palette martiale offre une liberté totale d’approche, garantissant à chaque profil de joueur d’y trouver son compte.
Mention spéciale à l’arc à flèches, souvent relégué au second plan dans ce genre de production. Ici, il bénéficie d’une vraie puissance d’arrêt et de dégâts percutants, devenant l’outil parfait pour nettoyer le menu fretin à distance avant d’engager les démons les plus imposants.
Le sentiment d’évolution s’appuie également sur un système de progression par le loot particulièrement bien calibré. Les ressources et matériaux récoltés permettent de façonner son équipement à la carte. Vous pouvez ignorer sans pénalité les branches d’améliorations secondaires pour vous concentrer exclusivement sur les atouts qui correspondent à votre style de jeu.
Graphismes & Technique : Le spectacle magistral des animations en 60 fps
Si le titre flatte la rétine par ses décors soignés, c’est véritablement sur le plan de l’animation qu’il met une claque mémorable. En privilégiant le mode performance pour profiter du 60 fps constant, l’immersion franchit un cap saisissant.
Les enchaînements corporels, les déviations de lames, les mouvements de hanches et les esquives millimétrées s’articulent avec une fluidité déconcertante. Le poids des armes et l’impact de chaque coup porté se ressentent manette en main avec une authenticité viscérale.
Cette réussite visuelle doit aussi beaucoup à son bestiaire exceptionnel. Fidèle à son héritage, Capcom livre une galerie de démons répugnants, grotesques et menaçants. Le design organique des créatures honore l’ADN horrifique de la franchise tout en exploitant la puissance des moteurs graphiques modernes.
Scénario & Ambiance : Efficace mais sans éclat durable
Sur le plan narratif, Onimusha: Way of the Sword assure le service minimum sans démériter. L’intrigue reste classique, articulée autour de pactes démoniaques et de vengeances féodales au cœur du Japon d’antan.
L’ensemble se laisse suivre sans déplaisir grâce à quelques rebondissements bien sentis qui relancent ponctuellement l’intérêt. Toutefois, l’écriture manque d’épaisseur pour marquer durablement les esprits une fois les crédits finaux passés. L’ambiance sonore, lourde et feutrée, compense heureusement cette relative tiédeur scénaristique.
Durée de vie : Le piège de l’étirement artificiel
C’est là que le bât blesse réellement. Way of the Sword est indéniablement trop long pour son propre bien ~30h.
L’aventure compte facilement une bonne dizaine d’heures de gras dont on se serait bien passé, diluant un rythme qui aurait gagné à rester compact et nerveux. À trop vouloir gonfler sa durée de vie par des allers-retours ou des séquences de remplissage, le jeu émousse l’enthousiasme initial. Une formule resserrée aurait indéniablement décuplé l’impact du périple.
Le Verdict
Onimusha: Way of the Sword réussit brillamment sa modernisation mécanique : les affrontements sont chirurgicaux, les animations subjuguent à 60 fps et le bestiaire démoniaque rappelle l’excellence de Capcom. Malgré un ventre mou évident qui aurait mérité d’être raboté de 10 bonnes heures, l’expérience reste vivement recommandable pour tout amateur de lames bien trempées.
| Note Globale | 7.5 / 10 |
|---|---|
| Les + (Points forts) | • Animations d’une fluidité et d’une précision déconcertantes (surtout en 60 fps). • Système de combat riche, tactique et gratifiant. • Bestiaire démoniaque répugnant et particulièrement inspiré. • L’arc, enfin puissant et utile pour éliminer les cibles secondaires. • Système d’évolution par le loot flexible et permissif. |
| Les – (Points faibles) | • Au moins 10 heures de trop qui plombent le rythme global. • Une trame scénaristique moyenne qui ne laissera pas un souvenir impérissable. • Quelques passages de remplissage superflus sur la deuxième moitié. |
Questions Fréquentes (FAQ)
Quel est le temps nécessaire pour terminer Onimusha: Way of the Sword ?
Comptez environ 30 à 35 heures pour voir le bout de l’aventure en ligne droite, une durée un peu trop étirée qui aurait grandement bénéficié d’une coupe d’une dizaine d’heures.
Faut-il avoir joué aux précédents épisodes de la saga pour comprendre le jeu ?
Non, Way of the Sword a été conçu pour accueillir les néophytes avec une intrigue autonome, même si les clins d’œil raviront les vétérans de Warlords.
Vaut-il mieux privilégier le mode Résolution ou le mode Performance ?
Le mode Performance à 60 images par seconde est indispensable pour apprécier pleinement le timing serré des parades et la beauté des animations de combat.
