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Test de Pragmata : L’Action Hard SF de Capcom Redéfinit le TPS

Annoncé en 2020 avec l’arrivée de la PS5, Pragmata aura su se faire désirer au fil de ses nombreux reports. Mais Capcom livre enfin sa nouvelle franchise, et l’attente en valait la chandelle. Oubliez tout ce que vous savez sur les jeux de tir classiques à la troisième personne : Pragmata est là pour bousculer vos habitudes. Héritier spirituel des productions audacieuses de l’ère PS360 comme Lost Planet, le titre prend des risques majeurs pour imposer une nouvelle référence du jeu d’action.

Scénario & Ambiance : Un Oppressant Huis Clos Lunaire

Le cadre pose immédiatement une ambiance suffocante. Vous incarnez Hugh, dernier survivant d’une équipe d’ingénieurs piégée sur une station orbitale lunaire contrôlée par une IA devenue folle. Face à vous : une armée de robots ouvriers hostiles. Le sentiment de solitude est total, rappelant presque la tension viscérale des premiers Resident Evil.

La grande idée du titre réside dans son environnement modulable. La station abrite une immense imprimante 3D capable de recréer de toutes pièces des décors terrestres. Passer d’un Times Square des années 2000 à une jungle dense offre une variété visuelle folle et permet une excellente gestion de la verticalité et de la gravité.

On regrette cependant une certaine dissonance narrative concernant Diana. Censée être une machine ultra-intelligente, cette petite fille robot agit souvent comme une enfant capricieuse pour forcer l’émotion. Ce choix d’écriture, un peu facile, jure avec la grande maturité de l’univers « Hard SF » proposé.

Gameplay : Le Multitasking, une Gymnastique Cérébrale Inédite

C’est manette en main que Pragmata dévoile son génie. Nous sommes face à un « slow shooter » très tactique. La gestion des dash est régie par une jauge de fatigue façon Souls-like, forçant un placement rigoureux. L’arme principale étant lente, il faut exploiter intelligemment un vaste arsenal secondaire personnalisable via des builds (drones, leurre, munitions de stase).

Le cœur de l’expérience repose sur le multitasking asymétrique. D’un côté, vous gérez les déplacements et les tirs de Hugh ; de l’autre, vous contrôlez le piratage via Diana. Naviguer sur la grille de hack pour retourner les ennemis les uns contre les autres tout en esquivant demande une vraie gymnastique neurologique. L’action est exigeante, sous haute tension, mais le plaisir de jeu est colossal.

La boucle est intelligemment renforcée par un Hub central à l’image de Resident Evil 8. Le titre s’offre même une séduisante touche de Metroidvania, invitant à revisiter les niveaux avec de nouvelles capacités pour dénicher des salles inaccessibles auparavant Seule véritable erreur : l’obligation frustrante de repasser par ce Hub après un échec contre un boss.

Graphismes & Technique : Une Hard SF Visuellement Irréprochable

Le RE Engine fait de nouveau des merveilles, offrant un jeu d’une propreté technique exemplaire. Pragmata est beau à pleurer, quasiment dénué de bugs, et profite d’une fluidité parfaite essentielle pour gérer l’action à deux têtes.

La direction artistique « Hard SF » marque les esprits. Le design des méchas, signé par le légendaire Shoji Kawamori (Macross), apporte un cachet industriel saisissant de réalisme. Enfin, saluons l’excellente localisation française qui renforce l’immersion cinématographique de ce huis clos oppressant.

Le sound design n’est pas en reste et Pragmata tire tout son potentiel en jouant au casque !

Durée de vie : Un Rythme Parfaitement Maîtrisé

Plutôt que d’étirer la durée de vie artificiellement, Capcom condense son excellence sur 10 à 12 heures de jeu. Le renouvellement des ennemis et des situations est constant. Le jeu maintient le joueur en haleine jusqu’aux trente dernières minutes, qui viennent conclure l’aventure de manière épique. Un grand moment de jeu vidéo.

Le Verdict

Pragmata s’impose comme une œuvre magistrale et le véritable héritier des jeux d’action audacieux de son époque. Si l’aventure souffre de légères maladresses, notamment la dissonance narrative autour du personnage de Diana et un système de réapparition frustrant contre les boss, le reste frôle la perfection. Sa mécanique de multitasking asymétrique offre des sensations inédites et une véritable gymnastique mentale, tandis que sa direction artistique « Hard SF », magnifiée par les designs de Shoji Kawamori, nous plonge dans un univers visuellement bluffant. Avec un rythme maîtrisé de bout en bout sur une douzaine d’heures et des environnements modulables ingénieux, Capcom livre ici le jeu de tir de l’année. Une expérience cérébrale et viscérale absolument incontournable.

Ce qu’il faut retenir :

  • Un gameplay révolutionnaire : La gestion simultanée du tir et du piratage offre une gymnastique mentale exigeante mais incroyablement gratifiante.
  • Une DA spectaculaire : L’univers Hard SF est sublimé par des décors générés par imprimante 3D (Times Square, Shibuya) et les designs de Shoji Kawamori.
  • Quelques frictions : La dissonance narrative autour de la jeune fille robot et le retour forcé au Hub après un échec contre un boss entachent très légèrement l’expérience.

Questions Fréquentes

Pragmata est-il un jeu difficile d’accès ? Oui, le système de multitasking asymétrique demande une concentration intense et une gymnastique mentale qui pourrait rebuter les joueurs en quête d’un jeu de tir décomplexé.

Combien de temps faut-il pour terminer le jeu ? Il faut compter entre 10 et 12 heures pour boucler l’aventure, une durée resserrée qui garantit un rythme haletant sans aucune redondance.

Y a-t-il un mode multijoueur coopératif ? Non, Pragmata est une expérience strictement solo, construite intégralement autour de la gestion simultanée des deux personnages par un seul et même joueur.

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